Projet reboisement 1 400 : Déjà 69 hectares de terre  reboisés dans la localité de Ndikiniméki

Philippe Van Damme, ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun, a conduit une délégation dans le Mbam-et-Inoubou samedi dernier, afin de s’assurer de l’effectivité du programme sur le terrain.

Il est environ 9 heures et 30 minutes samedi 16 octobre 2021, lorsque la délégation conduite par Philippe Van Damme, ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun arrive à l’hôtel de ville de Ndikiniméki, département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre. Tout de suite, groupes de danse (Engang Nde Kalend), personnels de la mairie et autres force de l’ordre se mettent en branle. Les honneurs militaires sont d’abord faits à l’ambassadeur, grâce à une unité constituée d’une demi-douzaine de policiers et de gardiens de prison.

Après les civilités d’usage, la délégation et les populations sont priées de prendre place dans la salle des réunions de ladite mairie. L’on apprendra  du représentant des bénéficiaires du « Projet reboisement 1 400 » dans cette localité que depuis le début du programme, 69 hectares de terre ont déjà été reboisés. Des allégations que Philippe Van Damme va lui-même vérifier sur le terrain, après la signature du livre d’or à l’hôtel de ville de Ndikiniméki.

La délégation conduite par l’ambassadeur de l’Union européenne et les autorités locale, va faire le tour de plusieurs sites qui abritent ledit projet, afin de s’assurer de l’effectivité des travaux. « L’un des problèmes que rencontre actuellement le projet, c’est la divagation des animaux des bêtes qui détruisent les plantations. A cela, il faut ajouter le problème des insectes et l’assèchement des cours d’eau » a souligné Patrice Bessoubel, maire de la commune d’arrondissement de Ndikiniméki.

Au Collège d’enseignement secondaire (CES) de Ndikoko qui abrite également un site de reboisement du projet, plusieurs doléances ont été formulées à l’endroit de l’ambassadeur de l’Union européenne. Outre la réhabilitation de deux blocs de salles de classe, détruits le 14 avril 2021 par une tornade, le directeur de l’établissement scolaire sollicite également un nouvel approvisionnement en plans.

En réponse, Philippe Van Damme a  promis un nouvel approvisionnement de 30 000 plants à la commune d’arrondissement de Ndikiniméki, pour la saison prochaine. Pour mémoire, le « Projet reboisement 1 400 » dans les communes et zones de savane et de transition est prévu dans la convention de financement du programme d’appui à la gouvernance en milieu forestier.

Il s’articule autour de l’APV-FLEGT et a pour objectif général de promouvoir l’amélioration de la gouvernance de la gestion durable des ressources naturelles en milieu forestier au Cameroun. Cette action vise à développer les plantations dans les communes pilotes des zones sèches et de transition écologique et l’intégration du marché domestique dans l’économie formelle à partir des ressources de bois d’origine légale.

Au lieu de 1400 ha comme indicateur fixé sur 4 ans, ledit projet va atteindre d’ici la fin de la 4eme année près de 3000 hectares. Ce succès repose sur la qualité du dispositif de suivi et de coordination, la chaîne de valeur économique construite autour de chaque plantation et les milliers d’emplois générés. D’autre part, c’est le seul projet soutenu par des partenaires de coopération présent dans des localités sous tension comme Waza, Moral, et Tubah dans le Septentrion.

Jean Daniel Obama, de retour de Ndikiniméki

 

Philippe Van Damme

« Ce projet a été présenté au sommet de la biodiversité à Marseille»

« A la fin du projet, nous aurons dépassé les objectifs qui étaient de 1 400 hectares. C’est un véritable succès qui devrait inspirer d’autres communes à travers le pays. Non seulement c’est un projet qui contribue au reboisement de la couverture forestière du pays, mais aussi un projet qui bénéficie directement aux populations. Parmi les arbres qui composent ce reboisement, il y a un grand nombre d’arbres fruitiers qui sont à haute valeur ajoutée. C’est un projet qui a été présenté au sommet de la biodiversité à Marseille il y a quelques semaines. On constate que les populations ont adopté avec enthousiasme ce projet, puisqu’il y a eu dépassement des objectifs en quelques années. Il y a d’autres problèmes auxquels il faut s’adresser en parallèle. Avant de parler de reboisement, il faut d’abord éviter le déboisement. C’est pour cette raison qu’il faut travailler en amont pour lutter contre l’exploitation illégale de la forêt ».

 

Patrice Bessoubel, maire de la Commune  d’arrondissement de Ndikiniméki

« Il faut penser à la sécurisation des sites déjà reboisés »

« Cette subvention de l’Union européenne dont la commune de Ndikiniméki a bénéficié dans le domaine du reboisement vise à restaurer les espaces dégradés avec l’appui du Centre technique de la forêt communale (CTFC). L’opérationnalisation de ce projet est satisfaisant, au regard des résultats dans l’ensemble, ceci grâce au dynamisme du personnel communal et aux ingénieurs du CTFC qui nous accompagnent. Toutefois, des efforts restent encore à fournir, notamment en ce qui concerne la sécurisation de ces sites reboisés contre la divagation du bétail et les feux de brousse. C’est le lieu pour moi de convier tous les acteurs ici présents, à participer à la sensibilisation de nos populations à approfondir les espaces de dialogue et de concertation avec cette opération et les autorités administratives ».

Propos recueillis par J.D.O

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