Plus de 150 GIC et coopératives agricoles réclament des impayés à l’Etat du Cameroun

Ils ont livré  des plants dans le cadre de certains projets  du ministère de l’Agriculture et  du développement rural et  n’ont jamais perçu leur dû sur une période cumulée de 6 ans.

Les pépiniéristes issus de 150 GIC et coopératives repartis dans les régions du Sud, de l’Est, du Centre, de l’Ouest, du Sud-ouest et du Littoral sont en colère. Ils ont produit en 2019 des plants pour le compte du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) dans le cadre du Projet d’appui à la production et à la diffusion du matériel végétal Cacao/Café (PPDMVCC) sur financement du Fonds de développement des filières cacao et café (Fodecc).

Depuis 2019, ils n’ont pas encore été payés. « Nous avons produit des plants  de Cacao et café en 2019 et ils ont été livrés.  Les délégués régionaux en charge de l’agriculture ont réceptionnés les plans et distribués. On attendait le paiement en fin 2019 mais le ministre de l’Agriculture a sorti une note pour dire que le gouvernement est à pied d’œuvre pour trouver les fonds nécessaires pour nous payer. Nous avons attendu jusqu’en 2020 mais silence total. Nous nous sommes rendus compte en 2020 que ceux qui ont produit sont en train d’être payés. Aucune communication sur les arriérés de 2019 » explique sous cape, un membre du collectif des multiplicateurs de semences agrée par le Minader.

Ces arriérés selon les calculs se chiffrent à près de 1 479 millions 433 450 FCFA. Suivant nos sources, ce paiement doit être ordonné par le Minader et décaissé par le Fodecc. « Malgré toutes les démarches auprès du Fodecc et du Minader, nous n’avons pas eu de suite favorable pour notre paiement. Pire encore, nous avons fait plusieurs demandes d’audiences au ministère de l’Agriculture sans suite » relate un pépiniériste.

Le 29 juin 2020, le Minader Gabriel Mbaïrobe avait pourtant signé une décision portant sélection en régulation, des multiplicateurs de plants certifiés de cacao pour le Projet d’appui au développement du Cacao (PAD-Cacao), campagne agricole 2019.

Ces arriérés ont un impact considérable dans la vie des producteurs. « Lorsqu’on vous demande de produire les plants, les membres de la coopérative ou du Gic  se mettent ensemble, cotisent et quelques fois ont  recours à des prêts bancaires. Lorsqu’on ne peut pas rembourser, les garanties sont saisies.

C’est ce qui se passe avec bon nombres d’entre nous. Aussi, les autres membres du Gic ont l’impression que les délégués ont déjà empoché de l’argent. Indirectement ça détruit les relations avec des personnes » regrette un autre membre du   collectif des multiplicateurs de semences.  Dans une lettre adressée au Premier Ministre le 17 décembre 2020, cette organisation affirmait  que le non-paiement des arriérés est un obstacle majeur pour la relance des filières (cacao, café, Maïs, banane plantain et Okok). Il faut dire que les arriérés ne concernent pas seulement l’année 2019 mais aussi les années de 2013 à 2016.

Journal l’ECONOMIE

 

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