Industrie : Les machines de Atlantic Cocoa Corporation à l’arrêt

Du fait de manque de la matière première depuis le mois de février 2021, l’entreprise ne produit plus et c’est plus de 200 employés directs et environ au niveau de Kribi et à peu près trois fois plus en emplois indirects qui sont actuellement en chômage.

Il est environ 13 heures et 20 minutes samedi 08 mai 2021, et le soleil est au zénith dans la ville de Kribi. Une délégation constituée des hommes de la presse et des responsables de la Société de développement du cacao (Sodecao) arrive sur le site de production de l’usine d’Atlantic Cocoa Corporation, installée dans la zone industrielle de la ville balnéaire.

L’accès à la salle des machines de l’usine est strictement interdit aux journalistes. « S’il vous arrivait de filmer nos entrepôts et qu’une de ces photos ou vidéo se retrouve entre des mains malveillantes d’une certaine concurrence, nous risquons de perdre gros. Je parle bien là, d’espionnage industriel » soufflent un des responsables de l’entreprise aux journalistes venus assister aux échanges.  Après les civilités d’usage, la délégation conduite par Jean Claude Eko’o Akouafane, directeur général de la Sodecao est installée dans la salle de réunion de Atlantic Cocoa Corporation pour s’enquérir de la situation de l’entreprise.

En effet, les machines d’Atlantic Cocoa Corporation sont à l’arrêt depuis février 2021, faute d’approvisionnement en matière première. L’entreprise ne produit plus depuis plus de trois mois conséquence, c’est plus de 200 employés directs et environ au niveau de Kribi et à peu près trois fois plus en emplois indirects qui sont actuellement en chômage. L’usine prévue pour traiter et broyer 46 000 tonnes de cacao, avec des capacités d’extension  de 64 000 tonnes installée dans la ville de Kribi est en difficultés.

Sa clientèle de chocolatiers constituée entre autres de Nestlé est en attente. « Nous sommes en arrêt depuis le mois de février 2021 et c’est un véritable handicape pour notre structure. Nous comptons relancer la production aussitôt que la matière sera disponible » explique le top management de l’entreprise.

Des circuits d’approvisionnement grippés

Les coopératives et Gic partenaires de l’entreprise ont du mal à honorer leur livraison, du fait du manque de la matière première qui est la fève. Outre les difficultés liées à l’approvisionnement de la matière première, l’entreprise rencontre également des difficultés liées au mélange des fèves entre les différentes productions qui augmente taux d’acidité du cacao livré par les producteurs.

Malgré la mise sur pied de plusieurs superviseurs sur le terrain par Atlantic Cocoa Corporation, les acheteurs bord champs ou intermédiaires généralement appelés « Cocseurs » ne facilitent pas à l’entreprise la collecte de fèves auprès des producteurs. « Le fait de ne pas travailler avec les Cocseurs mais de leur ouvrir la possibilité de venir directement s’adresser à l’usine, c’est déjà un pas » explique le top management de l’entreprise. Après une visite de l’usine de production réduite à une poignée de personnes et des échanges entre les responsables de la Sodecao et ceux de Atlantic Cocoa Corporation, Jean Claude Eko’o Akouafane a fait part des capacités d’accompagnement de la structure dont il a la charge.

« Nous avons échangé avec eux sur les possibilités de développer l’offre en matières premières pour leur permettre d’avoir une dynamique satisfaisante au niveau de leur production. Nous leur avons fait part de nos capacités d’accompagnement, pour capitaliser les coopératives avec lesquelles ils travaillent et la Sodecao également dispose de champs de production, qui peuvent aboutir à la livraison des cabosses semences » a expliqué Jean Claude Eko’o Akouafane.

Pour mémoire, l’investissement ainsi consenti, d’une valeur de 30 milliards FCFA, partiellement fournis par la banque BGFI, avait pour ambition de à raffiner dans un premier temps quelques 32 000 tonnes de fèves de cacao, extensibles à 60 000 tonnes à plein régime, en aval d’une production brute de 140 000 tonnes environ.

Une production venant principalement des régions du Sud et du Centre du Cameroun.  Le projet vise à promouvoir la transformation du cacao à hauteur de 50% de la production nationale, pour retenir une partie significative de la valeur ajoutée des filières agricoles dites stratégiques sur le territoire.

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