Gouvernance : Le Cameroun va actualiser sa politique forestière 28 ans après

Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la faune (Minfof), vient de lancer un appel à candidature pour le recrutement d’un cabinet d’études relatif à l’actualisation de la politique forestière du Cameroun. L’objectif du gouvernement camerounais à travers ledit projet est de mener une consultation des parties prenantes nationales et locales, en vue de mettre à jour le document de la politique forestière du pays, adoptée en 1993, soit exactement 28 ans.

Outre l’évaluation de ladite politique forestière, il s’agira concrètement pour le cabinet retenu, d’évaluer l’évolution institutionnelle du secteur forêt et environnement camerounais au cours des dernières décennies. Le projet va également jauger son l’impact de cette politique sur la gestion des ressources fauniques et forestières.

Le Minfof veut analyser la problématique et enjeux forestiers aux niveaux local, national, sous-régional (Bassin du Congo) et international, ayant influencé la mise en œuvre de la politique forestière du pays. Il sera aussi question de faire une analyse prospective de l’évolution des enjeux environnementaux, sociaux et économiques du sous-secteur forêt faune en lien avec les thématiques émergentes.

A la fin du projet, il est question d’en sortir des propositions pour une vision du sous-secteur forêt faune à l’adoption des parties prenantes et en déduire des axes stratégiques d’interventions en vue de la réalisation de cette vision. Mais il est surtout question de proposer un document de nouvelle politique forestière du Cameroun. Les prestations seront financées par le budget du Fonds Commun Psfe, de l’exercice 2021, imputation 1.5.1.0.0.

L’objectif général de la nouvelle politique forestière du Cameroun est de pérenniser et de développer les fonctions économiques, écologiques et sociales de nos forêts, dans le cadre d’une gestion intégrée qui assure de façon soutenue et durable la conservation et l’utilisation des ressources et des écosystèmes.

La difficile implication des populations locales dans la conservation des forêts

Les secteurs de conservation et de régénération des forêts sont des zones qui sont fortement perturbées soit par des activités passées d’exploitation (formelle ou informelle), ou agricoles, mais qui présentent une structure assez rapprochée des secteurs de production. Ils sont réservés aux activités sylvicoles favorisant la régénération naturelle. Des activités de reboisement pour des besoins de reconstitution du couvert végétal sont aussi évoquées dans ces secteurs.

Dans un rapport publié la semaine dernière portant sur les « Évènements majeurs de déforestation (EMD) 2019 » au Cameroun, on peut lire qu’en 2019 le taux de déforestation est estimé à 0.0168% de la superficie totale des forêts du pays, soit environ 3,628 hectares. Ces surfaces déforestées incluent 1,250 hectare perdu à cause de l’exploitation forestière, et environ 2,177 autres en raison de l’agriculture itinérante. Selon les chiffres du Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor) concernant le Cameroun, a perdu en 2019, une superficie d’environ 54,000 hectares des forêts primaires humides.

Un taux de 0,27% pour la période 2015-2020 selon le Forest Resources Assessment 2020 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Considérant une superficie forestière d’environ 21 millions d’hectares, la même utilisée dans le rapport Cameroun Évènements majeurs de déforestation (EMD 2019), le taux FAO correspond à une déforestation nette annuelle moyenne d’environ 56,000 hectares.

Jean Daniel Obama

 

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