Filière avicole : La production de la volaille chute de 76% au premier trimestre 2020

Les chiffres ont récemment été publiés  dans un rapport de la Division des études, de la planification, de la coopération et des statistiques du Minepia.

La Division des études, de la planification, de la coopération et des statistiques (Depcs) du ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia) a récemment publié la note trimestrielle de son sous-secteur. Il s’agit de l’état de la production et des importations au premier trimestre 2020 de la viande de volaille entre autres.

De ce rapport, l’on apprend que la production de viande de volaille a connu au 1er trimestre 2020, un repli de 21% comparativement au trimestre précédent passant ainsi de près de 13 000 tonnes au 4e trimestre 2019 à environ 10 000 tonnes.

Comparée à la même période en 2019, la production de viande de volaille au premier trimestre 2020 enregistre une chute de 76%. « Les effets continus du rationnement des devises pourraient expliquer cette dynamique baissière sur la période » indique le rapport de la Depcs.

Les causes de la chute

Selon ledit rapport, la hausse de la demande au 4e trimestre 2019 liée aux festivités des fins d’année expliquerait le bond observé de la production à cette période puis la production aurait poursuivi sa tendance. Outre cette raison, le Minepia explique que cette baisse de la production pourrait s’expliquer par la suspension de la délivrance des avis techniques d’importation des œufs à couver dû au coronavirus au 1er trimestre 2020.

De même, sur les marchés, les prix de la volaille ont enregistré un grand recul à la fin de du 1er trimestre 2020. Cette baisse serait peut-être due aux mesures de restriction prises par le gouvernement pour freiner la propagation du Coronavirus dans le pays, qui ont induit une contraction de la demande de volailles sur les marchés.

Jean Daniel Obama

Une hausse de 35% pour la production des œufs

La production des œufs était en hausse au 1er trimestre 2020, comparativement à la même période en 2019. Elle est passée de 17 000 tonnes à 23 000 tonnes en l’espace d’un an, soit une augmentation de 6 000 tonnes. La production des œufs de table à quant à elle augmenté de 6% en 2020. « Malgré cette tendance haussière, on peut observer une relative stabilité de la production d’œufs de table sur la période 2019-2020. Cette relative stabilité pourrait être imputable à la « stabilité » de certains paramètres des pondeuses (durée de vie, taux de ponte, etc.) sur la période » indique le rapport.

Pour l’année 2020, le Cameroun envisage de produire environ 60 000 tonnes d’œufs de table. Malgré la relative stabilité observée dans ce sous-secteur, une enquête de l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic), indique que la filière a perdu plus de 7 milliards FCFA dans les bassins des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest depuis la sortie des 13 mesures du gouvernement.

Les accouveurs ont arrêté d’importer du fait de l’arrêt du trafic aérien, la restriction des mouvements et la chute drastique de la demande de poussins. « Un mois seulement après le déclenchement de la pandémie du coronavirus sur le territoire camerounais, avec la confirmation du premier cas le 6 mars 2020, les pertes enregistrées par la filière avicole locale se chiffraient déjà à environ 4 milliards de FCFA » avait avoué François Djonou, président de l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic).

Selon les chiffres officiels, la production d’œufs au Cameroun est estimée à 4 150 tonnes, pour une demande nationale de 18 000 tonnes. Cela fait un déficit criard de près de 14 000 tonnes. Les accouveuses ne pouvant pas satisfaire la demande locale en totalité, le Cameroun est parfois obligé d’importer les poussins ou les œufs.

Dans une interview accordée au journal La Voix du paysan, Bernard Njonga, président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) avait expliqué que  le Cameroun manque de véritables marchés de volailles, aménagés et équipés. Même en prenant l’ensemble des mesures de relance de la production, les marchés non aménagés restent des potentiels foyers de maladie.

Jean Daniel Obama

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