Des unités de transformation à installer dans la zone du PD-CVA

L’initiative du Projet de développement des chaînes de valeur agricoles, arrive au moment où  le Cameroun éprouve d’énormes difficultés dans la mise au point de technologies agricoles appropriées.

Le Projet de développement des chaînes de valeur agricoles (PD-CVA) vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt en vue du recrutement d’un consultant international, pour l’assistance technique à maîtrise d’ouvrage. C’est en vue de la conception, montage et l’installation des unités modernes de transformation du palmier à huile, du bananier plantain et de l’ananas, dans la zone d’intervention du PD-CVA.

Ledit projet arrive dans un contexte où le Cameroun, à l’instar de plusieurs autres pays de l’Afrique subsaharienne éprouvent encore d’énormes difficultés dans la transformation des produits de base agricoles. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le secteur public doit jouer un rôle très important dans la facilitation de la transformation, en accélérant le lancement du processus à travers des investissements choisis et des activités contrôlées.

Le Cameroun éprouve toujours de nombreuses difficultés dans la mise au point de technologies agricoles appropriées pour le contexte spécifique et le renforcement des mécanismes de leur distribution. Dans toutes les chaînes de valeur agricoles, il n’y a pas beaucoup d’activités de transformation sur place en Afrique. À titre d’exemple, le continent produit environ 70 % de toutes les fèves de cacao au monde, en termes de poids, mais elle ne fournit qu’environ 20 % des produits intermédiaires du cacao.

Au Cameroun l’informalité limite la croissance des entreprises, dans la mesure où elle entrave l’accès au crédit, rendant de ce fait les entreprises plus vulnérables aux tracasseries et entraînant des incohérences dans l’application des politiques commerciales. Selon les estimations des experts, au cours de la période 2015-2025, la transformation d’une série de 18 chaînes de valeur devrait coûter entre 315 et 400 milliards de dollars.

Selon la BAD, la pleine exploitation du potentiel de l’agro-industrie en Afrique pour réaliser les objectifs de la stratégie pourrait ouvrir l’accès à de nouveaux marchés d’une valeur de plus de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2025.

Pour mémoire, le PD-CVA interviendra dans deux bassins de production à savoir, le bassin de la région du Centre qui couvre sur le plan administratif les régions du Centre, de l’Est et du Sud et le bassin du Littoral qui s’étend sur les régions administratives du Littoral et du Sud-ouest.

Dans ces bassins le projet cible trois filières végétales (plantain, ananas et palmier à huile) en raison de leur degré d’intégration et de maturité, de leurs marchés et possibilités de transformation, de leur importance économique (revenus et emplois) et de leur incidence sur la sécurité alimentaire. Ces bassins disposent également des organisateurs de producteurs viables et crédibles. Ils représentent environ 51% des producteurs agricoles du pays qui travaillent dans un système de production en polyculture.

Anne Solange Ngono

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