CEMAC : Le Cameroun, mauvais élève en matière de protection de la biodiversité

Selon le classement de l’IPE 2020, le pays occupe la 5ème place sur les 6 représentants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale et classé 139ème mondial.

L’Indice de performance environnementale (IPE) rendu public par les chercheurs des universités de Yale et Columbia pour l’année 2020 est disponible. La position du Cameroun pour cet indice qui analyse les politiques environnementales dans le monde n’est pas très reluisante. Selon le classement, le Cameroun occupe la 5ème place sur les 6 pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et classé 139ème mondial. Pourtant, le ministère de l’Environnement et la protection de la nature et du développement durable (Minepded) a implémenté plusieurs programmes dans la protection de l’environnement.

Au niveau africain, les Seychelles (38ème mondial), le Tunisie (71ème), le Gabon (76ème), Maurice (82ème) et l’Algérie (84ème) occupent respectivement les cinq premières places. Malgré des climats difficiles, la palme d’or revient selon le classement aux pays de l’Afrique du Nord, tandis que les mauvais élèves du continent sont la Côte d’Ivoire (49ème africain et 176ème mondial), la Sierra Leone (50ème africain et 177ème mondial) et le Libéria (51ème africain et 180ème mondial).

Le Cameroun paie ainsi des mauvaises politiques en matière de gestion des forêts, notamment leur surexploitation et les récoltes démesurées de bois de chauffe. Il faut préciser que  le ramassage du bois pour le chauffage et la cuisine pour en faire du charbon est un phénomène particulier à l’Afrique, où le bois satisfait environ 70 % des besoins énergétiques des habitants, taux nettement supérieur à celui du reste du monde. Selon les données de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), plus de 70 millions d’autochtones environ dépendent presque entièrement de la forêt pour subsister.

Dans le livre intitulé « Gestion durable des forêts et de la faune sauvage en Afrique : Améliorer la valeur, les avantages et les services », l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indique qu’à l’échelle globale, l’épuisement des ressources du couvert forestier de 13 millions d’hectares chaque année, dépasse les 5,7 millions d’hectares de reboisement annuel.

La Cameroun toujours mal classé malgré la multitude de stratégies environnementales

Depuis 1999, le gouvernement camerounais s’est lancé, avec l’appui de la communauté internationale, dans un processus de mise en place d’un programme forestier national dénommé Programme sectoriel forêts et environnement (Psfe). L’objectif vise à contribuer à la mise en œuvre de sa politique de gestion durable et participative des ressources forestières et fauniques du pays. Onze ans plus tard (en 2010), le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) s’est engagé, à élaborer un document de stratégie.

Ce document vise à mieux identifier les priorités du sous-secteur forêts et faune, en regard avec la stratégie du secteur rural et les contraintes nationales ou internationales en la matière. Mais jusque-là, les résultats de toutes ces stratégies n’impactent pas véritablement la position du Cameroun dans les classements des pays soucieux de leur environnement. Au regard des difficultés constatées dans la mise en œuvre de la politique forestière, le gouvernement camerounais a procédé en 1999, avec le concours des partenaires au développement à une revue institutionnelle.

Le résultat majeur de cette opération a été l’élaboration, sur une base participative du Psfe. Ce programme multi-acteurs, ouvert aux financements de tous les bailleurs de fonds ainsi qu’aux contributions du secteur privé, de la société civile et des organisations non gouvernementales, avait pour but de contribuer à la mise en œuvre de la politique de gestion durable des ressources forestières et fauniques du Cameroun, respectant les aspects environnementaux.

Jean Daniel Obama

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