Bertin Tchinda : « Il y a nécessité de créer une fédération des coaches au Cameroun»

Le directeur général de Peaceful Consulting, démêle les appellations : coach ; influenceur ; motivateur…

Comment définissez-vous le coaching ?

Le coaching se définit comme un processus d’accompagnement d’un individu, d’une organisation, d’une équipe, d’une entreprise ou alors d’un groupe, à pouvoir quitter d’une position A qu’ils connaissent très bien et qu’ils n’en veulent plus, à une position B qui est celle que l’on souhaite et l’on appelle un état désiré.

Existe-t-il une formation préalable pour exercer le métier de coach ?

Avant de parler de formation, je voudrais situer le métier de coaching par rapport à la motivation et aux influenceurs que l’on retrouve dans les réseaux sociaux. Le coaching peut utiliser la motivation, la formation et les conseils. Particulièrement dans le coaching, il faut pouvoir analyser la situation actuelle de la personne ou de l’équipe, pour que la personne qui est coachée, puisse comprendre les enjeux.

A titre d’exemple, vous avez une entreprise dans laquelle les performances ont chuté et vous avez besoin de faire grimper à nouveau votre chiffre d’affaires. Ce que les chefs d’entreprises font généralement c’est d’aller chercher les services d’un formateur qu’ils vont appeler coach, alors qu’il n’en est pas un. Ou alors ce chef d’entreprise ira chercher un influenceur qui ne pourra pas lui apporter le résultat recherché. Vous verrez donc des individus venir former les employés sur la vente, alors que le problème est ailleurs.

Par contre, un motivateur c’est celui qui trouve un motif pour entrer en action. Un consultant est un expert du contenu, qui apporte sa touche ou alors son éclairage à une situation donnée, afin que le client puisse sortir de sa position initiale et avoir satisfaction. Un formateur c’est celui qui donne forme et qui vient former sur une situation bien précise. Vous voyez donc la différence avec ce que l’on voit dans les réseaux sociaux.

Pouvons-nous revenir sur la formation ?

Comme dans tous les métiers, il existe des formations préalables pour exercer. Pour le cas du coaching, il existe une formation de très longue durée. Il faut passer par les fondamentaux du coaching, l’éthique du coach, son processus d’accompagnement, la qualité de la relation qui devrait exister entre le coach et la personne coachée et la déontologie du métier. Pour accompagner un client d’une position A à une position B, il faut des outils nécessaires. Dans ces outils il y a la programmation neurolinguistique, l’analyse transactionnelle, la communication non violente, les neurosciences entre autres.

Existe-t-il au niveau du Cameroun, une fédération des coaches ?

Au niveau du Cameroun, les gens lisent ou vivent encore le coaching uniquement dans les réseaux sociaux. Il n’y a qu’une minorité d’entreprises au niveau du Cameroun, qui font appel aux coaches et parfois elles vont chercher cette expertise d’ailleurs, en dehors du pays. La plupart des coaches qui sont reconnus au Cameroun sont affiliés aux organisations internationales à l’instar du Canada, aux Etats-Unis et en Suisse. Comme je l’ai déjà dit, la formation au métier de coach coûte énormément cher et nécessite beaucoup de temps pour l’apprentissage.

Au niveau du Cameroun, on ne trouve pas suffisamment de coaches confirmés, d’où la difficile organisation d’une fédération locale ou africaine bien structurée. La situation actuellement est telle que, ceux qui veulent former n’ont pas les canons du coaching et ceux qui connaissent le métier son plus focalisés dans leur travail et travaillent beaucoup plus avec les associations étrangères.

Ce serait une grande avancée pour les Camerounais de pouvoir travailler ensemble afin de faire naître une fédération ou une association de coaching dans le pays. Autre fois, il existait une association de coaching appliqué en Afrique mais elle n’était pas totalement professionnelle parce qu’à l’intérieur, il y avait des formateurs qui étaient des coaches, des conseillers qui se considéraient eux aussi comme des coaches… Pourtant, si l’on veut travailler à la fédération des choses, il faudra faire beaucoup d’efforts.

Propos recueillis par Jean Daniel Obama

Extrait du dossier paru dans le journal l’ECONOMIE du mercredi 20 octobre 2021

 

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