Bart Buytaert « Nous allons produire des aliments pour poissons  au Cameroun»

Le directeur général de la Société des provenderies du Cameroun (SPC) parle des objectifs de la nouvelle usine en construction  dans la ville de Yaoundé.

Pour quoi l’implantation d’une usine dans la région du Centre ?

Nous avons remarqué que le marché de l’aviculture, de la porciculture et de l’élevage en général prend un tel essor au Cameroun qu’il était nécessaire que de commencer à délocaliser non seulement la production mais aussi les sources de matières premières c’est-à-dire pour nous provendiers qui se trouvent plus proches des sources de matières premières qui ici pour le Centre Yaoundé sont les régions l’Est et du Septentrion (Nord, Adamaoua et l’Extrême-Nord). ¾ du maïs ou alors les 2/3 sont produits dans les régions du Nord et de l’Est du Cameroun.

En restant à Bafoussam dans la région de l’Ouest, vous comprendrez que cela nécessite des transports supplémentaires. D’autres matières premières comme le tourteau de coton et d’arachide viennent également des régions du Nord et du Centre d’où l’idée a germé depuis 7 ans maintenant de construire finalement quelque chose ici dans le Centre pour accompagner une extension de la société sœur Agrocam (société Agroalimentaire du Cameroun) qui produit des poussins d’un jour chair et ponte.

Avec les décès successifs de nos deux PCA (Président du Conseil d’Administration) ce projet a pris beaucoup de retard mais continue, et verra le jour pour être opérationnel au  second semestre de 2022.

Qu’est-ce que cette nouvelle usine va apporter comme plus-value dans le secteur de l’aviculture au Cameroun ?

Il aura comme particularité que, non seulement c’est une nouvelle usine avec une technologie supplémentaire pour faire des granulés et des miettes, sachant que certaines volailles préfèrent manger de la farine, d’autres des miettes et des granulés qui sont en effet de l’aliment compacté. Il y aura des machines et des procédés supplémentaires et dans une deuxième phase, nous allons aussi produire des aliments extrudés c’est-à-dire des aliments pour poissons qui pourront flotter car ces aliments-là sont tous importés actuellement.

Ce procédé d’extrusion pourra nous permettre de traiter du soja localement et éventuellement d’autres matières premières, je ne rentrerai pas dans les détails techniques. Pour nous et pour le Cameroun, c’est un plus économique, sachant que nous pourrons mieux traiter les ressources agricoles de ce pays. Nous espérons à terme diminuer voire arrêter ces importations de soja.

Et la question de l’accès au crédit pour les petits producteurs ?

Il faut donner aux éleveurs l’accès au crédit supplémentaire pour que certains puissent s’installer, puisque l’une des choses qui restent un frein à l’essor de l’élevage au Cameroun, c’est l’accès au crédit. C’est vrai que les banques sont frileuses puis qu’il s’agit d’une activité avec des animaux vivants et qui dit vivants dit fragile donc susceptibles de mourir, susceptibles de tomber malade. Je pense qu’au stade actuel de technicité des éleveurs camerounais, il y a moyen d’établir des cahiers de charges détaillés pour prendre le moins de risques possible et réussir son élevage.

Propos recueillis par Jean Daniel Obama

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