« 30 000 jeunes déjà sensibilisés, informés et orientés vers les structures d’incubation »

Alfred Bela Tomo, coordonnateur national PEA-Jeunes

« 30 000 jeunes déjà sensibilisés, informés et orientés vers les structures d’incubation »

Une visite des réalisations du PEA-Jeunes par les membres du Comité de pilotage cela vaut-il la peine, pour quelle raison, pourrait-on demander ?

Merci de me permettre de me prononcer sur cette question. Ce qu’il faut d’abord savoir c’est que dans le cadre d’un projet, le Comité de pilotage c’est l’organe d’orientation qui peut s’assimiler à un conseil d’administration pour les entreprises publiques. De ce fait, c’est le Comité de pilotage qui statut sur les grandes orientations à donner pour le projet au cours de l’année qui suit et qui valide également les étapes et les réalisations du projet au cours de l’année précédente.

Pour revenir sur cette mission du Comité de pilotage, il faut dire que Lors des deux dernières cessions du Comité de pilotage de Pea-Jeunes, ses membres se sont plaints de ce que les cessions ordinaires du Copil étaient les seules occasions pour lesquelles ils avaient l’occasion d’interagir avec le projet.

Nous avons analysé cette doléance et nous avons adopté le fait que, étant donné que ce sont ces membres du Copil qui valident le déroulement antérieur du projet en termes d’exécution technique et financier mais également qui arrêtent les grandes lignas et le budget de l’année suivante, il est très important de donner à ces membres du Copil, des éléments d’aide à la décision parce qu’une entité qui est appelée à valider les résultats doit être au courant de ces résultats.

Les étapes du Pea-Jeunes sont quatre : D’abord l’étape de facilitation, celle de l’incubation, ensuite celle du financement et enfin celle du Business coaching. Comment peut-on valider les résultats de ces différentes étapes quand on n’est même pas mettre le doigt sur ces réalisations ? Parfois nous nous retrouvons en train de parler des choses réelles sur le terrain, que ces membres du Comité de pilotage ne sont pas à mesure d’apprécier, tout simplement parce que nous ne leur donnons pas l’occasion de venir toucher la réalité de leur mains.

En 2021, la maitrise d’ouvrage du PEA-Jeunes, le Minader (ministère de l’Agriculture et du développement rural) en tant que tête de liste et le Minepia (ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales) et en parfaite collaboration avec le PEA-Jeunes, ont pris la résolution de faire descendre désormais les membres du Comité de pilotage sur le terrain pour qu’ils puissent s’enquérir des réalités sur le terrain. Cela permet qu’au cours des cessions ordinaires de parler le même langage, d’avoir la même compréhension et de pouvoir analyser les difficultés sur le terrain.

Monsieur le coordonnateur, à date, que peut-on retenir ici en termes de réalisations du Programme ce promotion de l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes (PEA-Jeunes)

Sans risque de me tromper, le PEA-Jeunes c’est du concret au fil des six dernières années de mise en œuvre. Nous sommes descendus régulièrement sur le terrain dans le cadre des missions de supervision (2 par an) et il faut comprendre que la mission de supervision dans le cadre d’un projet c’est une évaluation du projet par le bailleur de fonds et par le gouvernement avec la maîtrise d’ouvrage conjointe Minader, Minepia, Minfi (ministère des Finances), Minepat (ministère de ma Planification et de l’aménagement du territoire).

Combien de jeunes avez-vous déjà financé ?

Avant de passer aux chiffres, je voudrais d’abord dire que les conclusions des différentes missions de supervision sont satisfaisantes d’années en années. Ce qui marque une avancée et une progression dans les résultats. En termes de chiffres, le PEA-Jeunes aujourd’hui, c’est à peu près 30 000 jeunes qui sont déjà sensibilisés, informés et orientés vers les structures d’incubation pour le renforcement des capacités. C’est à peu près 4 500 qui ont gradué à notre processus d’incubation à travers 15 structures d’incubation partenaires qui ont qui ont signé des contrats de performance avec le programme, c’est 2 500 jeunes à date, qui ont été financés à travers le processus de financement du PEA-Jeunes et qui ont effectivement crée des entreprises.

Il faut également souligner ici que, l’objectif visé par le programme au terme de sa mise en œuvre en 2023, c’est 3 700 jeunes qui devront être incubés et qui auront créé leurs propres entreprises. Deux ans avant le terme du programme, nous avons atteint la performance à date de 2 500 jeunes qui ont créé des entreprises. L’objectif d’ici la fin de l’année, est de créer au moins 2 800  entreprises. Le programme est en train d’évoluer sereinement vers les résultats qui lui sont assignés et que l’objectif de 3 500 entreprises à créer à l’horizon mars 2023 sera largement atteint.

Est-ce que les jeunes à travers ces entreprises peuvent véritablement aider le Cameroun à parler le langage de l’autosuffisance alimentaire ?

Un seul projet ne peut pas permettre de réaliser un objectif gouvernemental mais plutôt appelé à apporter sa contribution au niveau de l’objectif national. Une fois de plus, sans risque de me tromper, les 2 500 entreprises qui sont créés à date par le PEA-Jeunes, apportent une contribution significative aux objectifs de production, de transformation, de commercialisation qui sont visés globalement par le Cameroun.

Cette contribution est significative par rapport à la contribution nationale et nous pouvons mettre à la disposition de tous ceux qui demanderont, à date, le fichier de ces 2 500 entreprises. Ces entreprises permettent de générer non seulement l’emploi pour le promoteur, mais également pour d’autres jeunes.

Qu’attendez-vous des jeunes Camerounais à travers ce programme?

Nous leur tenons le même discours à savoir, et je parle davantage aux jeunes qui ne croient pas encore au travail de la terre. Je m’adresse aux jeunes qui ne croient pas encore en la possibilité de créer des entreprises globalement dans le secteur agropastoral. Ils n’ont qu’à venir prendre référence sur les 2 500 entreprises portées par les jeunes pour comprendre que c’est quelque chose qui peut être faisable. Ces jeunes entrepreneurs que nous avons installé aujourd’hui, sans risque de me tromper, ne sont pas près d’aller faire un concours à la Fonction publique parce qu’ils sont déjà assez autonome avec des revenus moyens d’environ 300 000 FCFA par mois.

Propos recueillis par Jean Daniel Obama

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